C’est une exclusivité d’Aminata.com, la fille (Kadiatou B.) qui a été violée par un groupe de jeunes dans la préfecture de Dinguiraye, avec un moral bas raconte son calvaire de la nuit d’un samedi, où elle a failli perdre la vie. Dans cet entretien exclusif, elle entame ses propos par le début de la scène, juste après l’acte, puis les démarches qui sont en vue pour tuer cette affaire, ensuite son engagement et enfin sa nouvelle aventure. Lisez !!!

« C’était un samedi soir, lorsque mes amies et moi sommes sorties pour aller à un dancing ; quelques heures après une bagarre s’est introduite au sein de ce dancing, conséquences, mes amies et moi se sont perdues les unes des autres. Chacune d’entre nous cherchaiT comment rentrer, c’est ainsi qu’au retour j’ai eu la mal chance d’être pourchassée par un groupe de jeunes au nombre de six, jusqu’à quelques mètres de chez moi au quartier Villa Syli. Au moment où je cherchais a enlevé mes chaussures afin d’accélérer, c’est en ce moment qu’ils m’ont attrapé, certains ont pris mes bras en fermant mes yeux et ma bouche, d’autres mes pieds et se sont mis à me violer à tour de rôle. Lorsqu’ils m’ont laissé, j’ai crié au secours, et ils ont vite pris la fuite en emportant mon téléphone. Je n’ai eu la vie sauve que grâce à une famille d’à côté. Et dès le lendemain bonheur, mes parents m’ont conduit à l’hôpital où j’ai reçu des soins intensifs et j’ai fini par me retrouver. Ces soins ont couté à mon papa un million cinq cent mille (1 500 000 GNF).

A la question de savoir si elle avait eu de rapports sexuels avant qu’elle ne rencontre ce groupe de jeunes ? Elle répond : « j’ai 13 ans, je fais la 9ème année franco arabe. Je n’ai jamais couché avec un homme depuis que je suis née. J’étais encore vierge, c’est à cette rencontre que j’ai perdu ma virginité, car c’était ma toute première fois d’avoir de rapports sexuels. Et je puis-je vous dire que cet acte m’a traumatisé, jusqu’à présent je ressens des douleurs ».

Aujourd’hui, malgré que les violeurs soient en prison, certains émissaires dont on préfère taire les noms pour l’instant rencontrent la famille avec des billets de banques pour que la famille retire leur plainte, oubliant que le délit a été déjà commis : « Certaines personnes sont venues voir mon papa avec un montant de 3 000 000 GNF, pour que mon papa pardonne l’acte que j’ai subi. Mais, ma maman et moi sommes opposées à cette démarche, apparemment lui (papa) était d’accord. Moi, je veux que les jeunes soient jugés et condamnés. Parce que, le jour où ils m’ont violé, je leur avais dit que je les reconnais eux tous et que j’allais dire à mon père, ce jour, je me rappelle encore, les fils du préfet et celui du commissaire m’ont dit qu’ils sont des fils des autorités de cette préfecture et qu’ils n’ont pas peur, que si je veux c’est le président de la république que j’allais remonter l’information. Je leur ai dit que peu importe, mais moi je vais dire ce qui s’est passé à mon père ».

A écouter cette fille, on se rend compte qu’elle est déterminée à poursuivre cette affaire jusqu’au bout si elle bénéficie d’un soutien pour que les jeunes de la Guinée et ceux de la préfecture de Dinguiraye en particulier se servent d’exemple du sort des fils des ‘’soit disant’’ hauts responsables de cette ville. « Je veux que cet acte se limite à moi, car, si je bénéficie d’un accompagnement de la part des structures féminines de lutte contre les violences faites aux femmes, je suis prêt à dénoncer les jeunes qui m’ont violé, malgré que Zainoul Abdine Camara soit le fils du préfet Mouloukou Souleymane et que son second soit un fils du commissaire. S’ils veulent, ils n’ont qu’à me tuer, après le jugement. Je vous remercie vous pour l’effort fournit depuis que cette affaire à commencer, que Dieu vous récompense, parce que mon papa avait voulu minimiser la chose, mais moi je m’engage jusqu’à la dernière minute, cela partout où je serais convoquée, je suis prête à répondre », a-t-elle rassuré.

Après avoir été violée, elle commence à être stigmatisée : « Une fois que j’arrive à l’école, les gens m’indexent et cela me rend triste, c’est pourquoi je cherche à changer d’école. Dans cette nouvelle démarche, j’ai reçu des gens venus de Dabola, qui ont promis à mon papa de m’aider à cela, les démarches de dossiers sont en cours, selon eux ».

La balle est donc, dans le camp des structures de lutte contre les violences faites aux femmes, qui doivent prendre cette affaire avec les deux mains, car, déjà, certains responsables commencent à défendre leurs fils pour ne pas perdre leurs postes administratifs, et laisser pour compte cette pauvre fille, qui n’a que les yeux pour pleurer.

A suivre…

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