Au premier jour du mois de Ramadan, notre rédaction à travers un de ses reporters s’est rendue dans quelques marchés de la capitale guinéenne. L’idée était de toucher du doigt la hausse généralisée que l’on dénonce tant. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on y a trouvé de pauvres ménagères désorientées, prises qu’elles sont entre la nécessité de nourrir leurs familles respectives et un marché qu’elles ne reconnaissent plus. Subtilement, elles dénoncent la cupidité et la méchanceté qui sous-tendent cette situation en ce mois de pénitence. De même, elles implorent la clémence et la compréhension de l’Etat.  

C’est connu, à la veille de chaque mois de Ramadan, les prix des denrées de grande consommation prennent l’échelle. Mais de l’avis des femmes que nous avons rencontrées, ce qui se vit cette année dépasse tout entendement. Presqu’au bord des larmes, Mme Mariam Camara, mère de 7 enfants, n’en revient même pas.

« Je reviens du marché, mais tous est cher. Quand j’ai demandé un petit poisson, on me dit 50.000 GNF. Vous vous imaginez ?  Nous les pauvres,  comment allons-nous faire pendant ce mois pour bien manger ? Pourtant, en principe, c’est un mois dont on doit profiter pour faire du bien. Mais en Guinée, c’est tout le contraire.  Même le tas de piment coûte désormais 2000 GNF.  Pourtant, il faut que ma famille mange ».

Et à sa copine, Aicha, de renchérir :

 » Cela fait à peu près une heure que je me promène sans me retrouver. Tout a tellement changé, de l’huile au riz sans oublier la viande.  Le sac sucre  de 50 kg est vendu à 335.000 GNF, au lieu de 325.000 GNF (…) Pour ce qui est de la viande, le kilo est vendu ce matin à 35.000 GNF, le bidon d’huile d’arachide  de 10 l est à 170.000 GNF. Le gouvernement doit faire quelque chose, sinon ce n’est pas du tout facile » .

Quant à Mme Sylla, une autre ménagère, elle énonce un autre pan du problème Je suis venue faire des provisions pour le mois saint. Mais j’avoue que ce n’est pas possible. Je me demande même si je pourrai avoir tout ce dont j’ai besoin. Le problème  est tel que le sac de pomme de terre est vendu ce jour à 250.000 GNF, alors que le prix variait entre 180.000 et 190.000 GNF

Très souvent taxés d’être à la base de cette situation, les commerçants de leur côté rejettent la faute sur le gouvernement qu’ils accusent d’avoir augmenté les taxes. C’est à ne rien comprendre quand on sait que ce même gouvernement dit avoir renoncé à ses taxes sur certaines denrées et que par ailleurs, le président du Groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) et le chef de file de l’opposition, ont tous deux appelé à des prix raisonnables.

Aminata Kouyaté

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