Un des plus vieux métiers du monde, elle a atteint aujourd’hui sa vitesse de croisière, car elle semble apporter plus d’argent que n’importe quel métier à Bamako. Nous avons tenté d’en savoir plus sur les raisons qui poussent aux jeunes filles de se prostituer, aux jeunes hommes qui se rendent sur les lieux et les conséquences qui peuvent en découler.

Bibi, comme on l’appelle affectueusement a seulement 21 ans. Elle est belle, très belle. Ne lui demandez pas surtout pourquoi elle se prostitue sinon elle pique la mouche. “Je ne me prostitue pas, je travaille comme toi. Tu es journaliste, tu fais ton travail. Coucher avec des hommes pour avoir de l’argent est mon travail”, réplique-t-elle, avant de continuer : “J’ai commencé à faire ce travail quand j’étais jeune, très jeune d’ailleurs. J’ai perdu ma mère à la naissance et mon père quand j’avais 7 ans. Je suis ainsi allée chez une tante à Sikasso pour continuer mes études. Là j’ai pu étudier jusqu’en 9e année du second cycle. Pour aller à l’école, on ne me donnait rien pour l’argent de la récréation alors que mes copines de classe partaient avec de gros sous. Une année après, j’ai fait la connaissance d’un jeune lycéen avec qui j’ai entretenu mes premiers rapports sexuels. Il me donnait de l’argent et on faisait régulièrement l’amour. Je plaisais à beaucoup de jeunes. Un jour, à l’approche de la fête de Tabaski, j’ai demandé de l’argent à mon copain qui m’a répondu d’une manière pas polie. C’est ainsi que je suis allée voir l’ami de mon copain qui me faisait des yeux doux. Il a accepté, mais en retour, je devais coucher avec lui. Après une longue réflexion, j’ai accepté, car j’avais vraiment besoin de cette somme. Pour la petite histoire, j’ai même fait un avortement pour lui. Quand j’ai fait le trottoir une fois et que ça n’a pas marché, je suis rentrée à  Bamako et j’ai rencontré une dame qui est d’ailleurs plus âgée que moi mais qui se vendait aussi. Ensemble nous avons pris un appartement. Beaucoup pensaient que je suis sa nièce, mais en réalité nous faisons le même travail. Alors je peux le dire haut et fort que c’est à cause de l’argent que je suis dans cette situation”.

A la question de savoir si elle a un copain, Bibi sourit et nous exhibe la photo de son mec. “Je l’aime à mourir, mais il ne connait pas ma valeur et ne sais pas sincèrement ce que je fais comme travail. Il pense que je suis coiffeuse, mais je gagne très bien ma vie, 20 000 F CFA par nuit, au minimum, pour la soirée. Des fois, certains m’amènent chez eux, loin de l’hôtel, et le déplacement seulement fait 30 000 F CFA donc faites le calcul vous-même. Nous sommes dans un bar en Commune I du district de Bamako”.
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