Organisé depuis plusieurs années par l’Agence Guinée Promo Sport de Kadiatou TRAORE pour récompenser les meilleures sportives et journalistes féminines de l’année, le Trophée Mousso est une récompense convoitée. Le Horoya y est souvent distingué comme ce fut le cas de Koumba CONDE qui s’est adjugé le trophée Mahadi CAMARA de meilleure basketteuse 2017. Cette fois, c’est encore une basketteuse du HAC, M’mah Babila CAMARA, 22 ans, diplômée de l’Université Nelson MANDELA (département sociologie) qui a été honorée. Nous sommes allés à sa rencontre.

Tout comme bon nombre de jeunes filles des quartiers sportifs de Conakry, M’mah Babila a embrassé le basket dans les années 2000. Elle jouait alors au milieu des garçons, sur le terrain Soguico de Yimbaya  (Matoto) en banlieue de Conakry. On a voulu en savoir plus et c’est très naturellement qu’elle a répondu à l’interview.

Comment est-elle venue dans cette discipline ?

Je suivais les jeunes qui jouaient dans mon quartier à Yimbaya. Très jeune, j’ai été curieuse d’apprendre et de les imiter. Finalement le goût m’a dominé et je me suis vite fait adopter, en commençant par me placer parmi ces mêmes jeunes pour jouer à chaque fois sur le terrain de proximité appelé Soguico, un plateau prisé par bon nombre de joueurs, hommes et femmes. J’ai intégré l’équipe de Planète  FC qui régnait alors sur le plan national, avec beaucoup de titres.

– Les regrets et les souvenirs de M’mah CAMARA ?

Mon regret le plus absolu c’est de ne pas avoir eu la chance de jouer à l’international, car toute joueuse souhaite aller plus loin possible dans son parcours, pour honorer son talent au-delà même des frontières. Quand je vois tout ce que j’ai déjà donné à ce sport, continuer encore sans changer d’air me donne des regrets. Mais bon, tout ce Dieu fait est bon, alors malgré tout ce temps qui passe je garde toujours l’espoir d’aller encore plus loin…

Mes bons souvenirs : en 2017 après un Guinée-Sénégal en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations dans un réceptif hôtelier de la place, j’ai été élue meilleure joueuse de l’année. Un prix que j’ai reçu avec beaucoup d’honneur et beaucoup de joie aussi. Mais surtout cette année, avec cette distinction du Trophée Mousso de l’Agence Guinée  Promo Sport et des dames de la RTG. Ce sont des trucs que je ne vais jamais oublier…  

– Vos sentiments en recevant ce prix ?

C’est une joie et un honneur pour moi d’avoir ce prix, c’est un prix symbolique qui fait que aujourd’hui je suis fière de moi et fière d’avoir fait ce long parcours qui se couronne aujourd’hui par un trophée vraiment significatif. Comme on le dit souvent, la récompense vient au bout des efforts. C’est vrai que j’ai eu des difficultés dans ce monde sportif, donc voilà, il faut franchit des obstacles pour pouvoir accéder à ce que l’on veut dans la vie.

Donc aujourd’hui franchement je suis très contente, très heureuse de recevoir ce prix de meilleure joueuse sportive de l’année pour la toute première fois dans ce Trophée Mousso. 

– Quel a été le secret de votre réussite ?

 Après un temps de repos du à l’arrêt des compétitions pour ce tournoi de relance, il a fallu que je travaille, que je me lève tôt le matin. Je me suis fixé un objectif voilà  j’ai pu avoir cette récompense, mon premier prix dans le Trophée Mousso, mais ce n’est pas mon premier prix en Guinée.

– A qui tu dédies ce trophée ?

 Je dédie ce trophée à ma tendre mère Hadja Fatoumata Binta SYLLA  qui m’accompagne dans ce métier, elle qui fait tout pour moi. Mes pensées vont aux responsables du Horoya  AC, à mes coéquipières et à tous ceux et celles qui m’accompagnent aussi…

Bintou Cissé