Depuis de nombreuses années, la Guinée court après une politique nationale du livre. C’est la problématique dont tout le monde parle, mais qui n’est jamais abordée de façon concrète et sérieuse par les spécialistes de la question.

Il est indéniable que le Livre et ses Auteurs représentent l’avenir. Dans la recherche de ce meilleur avenir, Femmeafricaine est à la rencontre de ce jeune Auteur.

Ibrahima BANGOURA est Ingénieur Développeur Informatique dans une entreprise informatique à Conakry. Il est chargé de cours à l’université en programmation Informatique et est également membre de plusieurs associations nationales et internationales.

 Ibrahima BANGOURA est auteur de (3) trois livres.

 

Où puisez-vous votre inspiration :

De l’imagination, de la découverte, de l’oublié, de l’ignoré et du questionnement.

Je pense aussi que l’inspiration n’est pas une colombe descendante sur vous, elle résulte d’une réflexion et d’une recherche assez intensives pour mûrir en coulisse et vous rattraper dans vos moments de réceptivité.

Pourquoi choisir d’écrire :

L’écriture est une passion mais aussi un moyen de refoulement des maux de la vie.

Elle me permet de voyager en des terres lointaines, nouvelles et inconnues. J’y découvre des mondes sans pareils et je peux y vivre aussi longtemps que je le veux. Lorsque je commence une histoire, c’est toute une aventure.

Aujourd’hui, je prends conscience du point auquel cette activité m’apaise et me donne du plaisir. Pour moi, l’écriture est un chant de l’âme qu’il faut partager avec les autres.

Combien de livres avez-vous déjà écrit :

J’en ai écrit plusieurs mais aujourd’hui trois de mes livres sont publiés.

Il y a : De l’altruisme aux larmes en Mai 2016, Kourandi en Novembre 2017 et Le chemin de l’espoir en Mars 2020.

Quels sont les thèmes récurrents dans vos œuvres :

 On y trouve le plus souvent l’éducation et la formation des enfants parce qu’un enfant éduqué et instruit est une étoile qui brille et qui illumine le monde, parce que le progrès d’une nation passe obligatoirement par là.

Il y a aussi la famille, l’amour, la maladie, l’amitié, l’entraide, les problèmes de la couche juvénile, les thérapeutiques pour s’en sortir et ceux de nos pays devenus indépendants avec une indépendance au rabais. Vous comprenez ici la néo colonisation.

Mes livres mettent également à nu les péripéties, les conséquences du côté néfaste de la tradition et de la mauvaise gestion de nos pays par des dirigeants qui s’érigent au pouvoir tandis que le peuple croupit dans la misère.

Nonobstant, pour découvrir mes livres, vous pouvez vous les procurer sur le site de l’Harmattan et celui d’Edilivre mais aussi sur Amazon, Chapitre, Dilicom, …

Et ces thèmes constituent la vie dans nos sociétés, notre vécu et notre histoire à travers le temps.

Ils représentent ma participation pour l’édification de mon pays à travers ma pensée, mes écrits et mais aussi critiquer pour un changement positif en proposant des solutions pour résoudre, remédier à un dilemme et à une difficulté.

Quels conseils pouvez-vous donner à ceux qui rêvent de se lancer dans l’écriture :

 

Si vous voulez écrire, lisez beaucoup et attentivement. C’est la meilleure façon de progresser, et en même temps,  de maintenir ancrées la qualité, l’universalité de cette langue où nous nous inscrivons, qui, dans ses difficultés, ses pièges mêmes, recèle un si riche potentiel de jubilation.

Comment se passe l’Édition en Guinée :

Quand un auteur a un manuscrit, il le dépose dans une maison d’édition, avant de le déposer chez un éditeur, il doit d’abord se renseigner sur la ligne éditoriale de cet éditeur et le contrat à signer.

 Lorsqu’on lui donne le contrat, l’auteur doit vraiment le lire avant de le signer. S’il le signe, c’est qu’il accepte, s’il ne le signe pas, c’est qu’il n’a pas accepté. Quand le manuscrit est utile et est bien écrit que ça soit fait par un auteur connu ou pas, l’éditeur peut procéder à sa publication.

Par exemple, l’harmattan Guinée fait 50% de remise pour ses auteurs. C’est-à-dire un auteur qui est publié chez lui, dès que le livre parait, l’auteur a 50% de remise sur le prix du livre.

Est-ce qu’un auteur guinéen peut vivre de son œuvre :

Je pense que cette question devrait être l’objet d’un débat lors des activités littéraires dans notre pays. La plupart des écrivains qui ont publié et que j’ai rencontré disent ne pas gagner un kopeck suite à leurs publications. Ils se contentent de voir leurs œuvres sur le marché et des interviews organisées pendant les rencontres littéraires comme les 72h du livre.

Avez- vous un message à véhiculer :

Je serais heureux de recevoir un mot de la part de mes lecteurs. J’aimerais savoir ce qui leur a plu, ce qu’il leur a moins plu ou déplu dans mes livres pour m’améliorer…

En cette période de la Covid-19 qui sévit en Guinée et dans le monde, je profite de cette interview pour lancer un appel pour le respect des règles d’hygiène, des gestes barrières et chacun est appelé à être responsable pour stopper la transmission de cette maladie. Qu’Allah protège et éradique notre cher pays la Guinée et le monde de cette pandémie.

Il y a bien une direction chargée du livre et de la lecture publique au Ministère de la Culture, mais malheureusement la question du livre ne se pose que sporadiquement.

Le livre est central dans l’apprentissage et dans la recherche du savoir, il est donc important de souligner que les élèves et les étudiants doivent encore plus se familiariser avec cet instrument pour un avenir meilleur.

Comment le livre peut-il avoir un avenir radieux si ses auteurs ne sont pas payés ? Là est la grande question….. Sans une volonté politique, on ne trouvera jamais Sa réponse.  Tant que nous n’arriverons pas á cette réalisation « Lire, c’est boire et manger. L’esprit qui ne boit pas, maigrit comme un corps qui ne mange pas ». Nous remercions alors un de nos auditeurs, Ibrahima BANGOURA pour nourrir nos esprits. Nous lui souhaitons une bonne chance pour la suite de sa carrière.

Ébène Baloka