Une femme sur 3 est victimes d’agressions physiques et sexuelles durant sa vie. Les violences que subissent les Femmes sont énormes. La question du harcèlement sexuel sera le thème retenu pour aujourd’hui.

Qui d’entre vous, n’avez une fois pas été victime d’attouchement, de mot déplacé, bref de harcèlement ?

Anita TRAORÉ de 28 ans est une Épouse, Mère de (2) de deux enfants, Activiste et Féministe, Présidente et fondatrice de l’Association Chance et Protection Pour Toutes (l’ACPPT) fondée en 2014 en France.

Une structure qui vise à défendre les droits des Femmes et des Filles et qui lutte contre toutes les formes de violences à l’égard des femmes et des filles.

De leur antenne guinéenne, ils poursuivent leur lutte pour une égalité des droits entre les hommes et les femmes.

Dame TRAORÉ est également membre de plusieurs associations de défense des droits des humains. Qu’a t – elle à dire sur le harcèlement sexuel ?

Qu’est-ce que le harcèlement sexuel :

Le harcèlement sexuel est un enchainement de plusieurs actes dégradants à connotation sexuelle. Il est définit comme le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dévalorisant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.

Comment se manifeste t- il :

Le harcèlement sexuel peut se manifester de plusieurs manières : Cela commence souvent par des remarques déplacées, des plaisanteries sexistes, des avances accompagnées de promesses de récompenses, des demandes d’actes sexuelles, de menaces de représailles, allant jusqu’aux attouchements.

Selon vous, pourquoi les victimes (Femmes et hommes) ne dénoncent pas leur bourreau :

Il est difficile de prouver qu’on est victime du harcèlement sexuel. Ces actes sont en général très bien dissimulés, souvent en tête à tête avec le harceleur. Comment prouver qu’une personne vous a demandé de coucher avec elle ? Si ce n’est en l’enregistrant.

De même, comment prouvez que votre collègue vous a mis la main aux fesses en l’absence de caméra de surveillance dans les locaux où vous vous trouviez ? De plus, les victimes sont pour la plupart en position de faiblesse due à leur statut face à leur harceleur : Salariée – patron,  locataire – bailleur, stagiaire – maitre de stage, les exemples sont nombreux. Ces situations rendent les victimes davantage vulnérables.

Que faut-il faire pour les amener à dénoncer :

Il faut commencer par libérer la parole, déconstruire cette idée qui nous laisse croire que si on ne couche pas avec son chef on n’aura pas le poste souhaité. C’est cela la réalité du monde du travail dans nos pays africains en particulier.

Ensuite il faut une prise de conscience collective, ne plus faire en sorte que ces agissements soient vus comme habituels, normaux. Ainsi, les victimes auront moins d’hésitation à porter ces affaires du harcèlement au-devant de la scène.

Et pour finir, il faudrait mettre en place des mesures visant à protéger et à défendre les victimes afin que ces dernières ne perdent pas leurs postes quand elles dénoncent leurs bourreaux.

Pensez-vous que parce qu’on n’est pas ou moins qualifié, qu’on accepte de subir le harcèlement :

D’une manière générale, les hommes pensent trop souvent qu’ils peuvent disposer du corps des femmes comme ils l’entendent. Qualifiée, peu ou pas du tout, pour certains hommes la femme reste une proie, une viande à dévorer, comme s’il n’y avait que son sexe d’important.

Le harcèlement sexuel est par conséquent présent dans toutes les catégories sociaux-professionnelles. Je pense plutôt que c’est par peur de ne pas être écoutées ou d’être rejetées par leur famille, leurs proches que les victimes préfèrent ne pas dénoncer leurs agresseurs, n’osent pas briser le silence et s’exprimer ce qui a tendance à les plonger dans un cercle vicieux

Que direz-vous à ces personnes qui croient que c’est toujours la faute à la victime :

Qu’il s’agisse du harcèlement sexuel, du viol, de l’attouchement sexuel ou de tout type d’agression opposant une victime à son agresseur, en général lorsque cela touche à la sexualité et qu’il faut trouver le coupable, évidement c’est la victime que l’on indexe la plus part du temps.

On considère que c’est de la faute à la victime si elle se fait importuner et agresser à cause de son comportement et de sa tenue jugés provocants.

Je dis à ces personnes qui ont la fâcheuse tendance d’accabler les victimes, qu’il ne faut pas oublier que des pédophiles abusent des bébés, que les femmes voilées se font violées et que des femmes handicapées sont également des cibles.

Que pensez-Vous de cette affirmation de Marie – France HIRIGOYEN  » Il est possible de détruire quelqu’un juste avec des mots, des regards, des sous- entendus : Cela se nomme violence perverse ou harcèlement moral. » :

Elle a parfaitement raison, parfois les mots sont plus blessants que les actes. Un homme qui vous regarde avec instance, en vous déshabillant du regard, peut être tout aussi blessant et destructeur que celui qui vous tripote sans votre consentement.

Avez-vous un message à partager :

A mes sœurs de la Guinée et d’ailleurs, refuser de vous rendre dans les motels pour quelconque titre ou poste. Choisissez d’être digne face à n’importe quelle situation.

 

 

Ébène Baloka