LE CADEAU D’ANNIVERSAIRE DE LA FILLE DE PULCHÉRIE GBALET.

LE CADEAU D’ANNIVERSAIRE DE LA FILLE DE PULCHÉRIE GBALET.

Je m’appelle Tryphène. Je suis une petite fille âgée seulement de 12 mois. Vous trouvez que je suis vraiment trop bébé ? Pourtant je me trouve très grande, moi. Je crois que si je n’étais pas grande je n’aurais pas été capable de vous écrire.

Figurez-vous que c’est depuis le ventre de ma mère que j’ai appris l’alphabet. Je rends grâce à Dieu pour ce don extraordinaire qu’il m’a donné qui me permet d’interagir avec vous. Savez quoi ? Ce fut mon anniversaire hier. Et pour cette occasion, mon grand frère qui s’occupe de moi en ce moment, m’a dit qu’il me ferait la plus incroyable surprise de mon tantet de vie. J’étais tellement heureuse que je n’ai pas dormi la veille, attendant avec impatience la joie qu’il me ferait connaître avec son cadeau que je soupçonnais. L’après-midi, mes amis se sont amenés nombreux dans notre maison, fredonnant à mon honneur le rituel joyeux anniversaire qui me trémoussa d’émotion. Mais j’attendais avec irritation le moment du cadeau promis par mon grand frère en guettant l’entrée de la maison. Puis mon aîné me remit un emballage dans lequel se trouvaient des dinettes. Je me mis à pleurer comme un nouveau-né :

– Qu’y a-t-il Tryphène ? me demanda mon frère en me prenant dans ses bras. Ce sont des pleurs de joie ou…

– Non, ce sont des pleurs de déception ! Tu m’avais promis que tu me donnerais le plus beau cadeau !

– Mais tu raffolais des dinettes, non ?

– Oui, mais c’était avant que maman ne soit en prison. Comment puis-je jouer si elle n’est pas près de moi ? J’ai cru que tu me l’aurais fait venir, car pour moi, c’est la présence de maman, mon plus beau cadeau.

Les yeux de mon frère se sont embués de larmes. Quand il va à l’Université il n’y a plus personne pour s’occuper de moi. Depuis que maman a été emprisonnée, je suis désemparée, et je déprime sous un toit terne. C’est votre droit de ne pas l’aimer autant que moi. Mais pour moi, elle est la douceur incarnée. Peu importe ce qui lui aurait valu une condamnation, observez si ça vaut vraiment le poids de me la priver pendant tous ces mois. Six mois qu’elle est privée de liberté. Je ne sais pas à qui parviendront ces mots. Mais si vous me lisez, c’est une petite fille de 12 mois qui vous parle avec son cœur en vous demandant d’agir pour lui rendre sa mère : elle s’appelle Pulchérie Gbalet, en détention à la MACA. Yaki, libérez ma maman.

Louis-César BANCÉ

LA RÉDACTION

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