Nous témoigne Aminata Traore, âgée de 16 ans,  élève au Centre d’excellence du FAWE à Linsan, prés de Kindia, en Guinée Conakry. Le FAW est un centre de formation qui accueille des jeunes filles qui sont dans des situations plus ou moins embarrassante qui leur permet pas de continuer les études ou qui sont défavorisés une façon de leur donné plus de morale et d’avoir la chance de faire leurs études.

« J’avais 15 ans, quand mes parents m’ont annoncé la nouvelle de mon prochain mariage avec un de mes cousins. J’étais désespérée, je ne voulais pas me marier aussitôt pendant que mes copines allaient toujours à l’école et s’amusaient bien. J’étais vraiment traumatisée par l’idée d’avoir un mari qui va tout décider pour moi », nous témoignes cette jeune fille.

Aminata Traoré comme beaucoup de filles dans ce pays sont forcées au mariage à un très jeune âge pour diverses raisons : certains parents le font par ignorance, ne connaissant pas les conséquences, d’autres par attache a des habitudes culturelles, d’autres encore par misère pour se débarrasser d’une bouche à nourrir et avoir une petite dot et enfin par crainte de voir leurs filles tomber enceinte.

Les parents d’Aminata vivent dans cette situation précaire et tentante. Ils ne comprenaient pas l’importance d’envoyer leur fille à l’école et avaient opté de la marier à un cousin pour lui éviter une grossesse ou une maladie infectieuse.

« Lorsque j’ai entendu parler d’une école ouverte dans notre village, j’ai simplement fait une fugue et je suis venue retrouver ma tante qui vit ici. Je lui ai demandé de me laisser aller a l’école au centre du FAWE en promettant de faire tous les travaux ménagers de la maison le matin avant de prendre la route pour presque une heure de marche vers l’école. Cela fait maintenant deux ans que je suis ici et je suis très heureuse d’aller à l’école, même si parfois les choses sont difficiles, surtout pour nous les filles, car nous n’avons ni eau ni toilettes ».

Cette fille vient d’une ville située à un carrefour sur l’une des routes principales du pays. Dans le village de Linsan situé à 5 heures de route de la capitale Conakry le tôt de scolarisation est autour de 23% contre 77% sur le plan national, une ville à risque pour des jeunes filles. Le village est situé sur la route principale du pays, a un carrefour célèbre qui est devenu une halte célèbre pour les conducteurs qui s’y arrêtent pour manger, se reposer et souvent pour trouver du plaisir avec une jeune fille avant de reprendre la route. De ce fait, la prévalence du VIH est élevée et les parents préfèrent marier leurs filles très tôt (13-15 ans) pour éviter de les voir dans les bras des voyageurs de passage.

Correspondant à Labé

Rachid Sy Savané