Guinée : Des ONGs angoissées face à l’augmentation des viols sur mineurs dans le pays.

Guinée : Des ONGs angoissées face à l’augmentation des viols sur mineurs dans le pays.

Depuis des années, le viol est devenu chose courante en Guinée. Dans la majorité des cas, les victimes sont des petites filles. Face à ce cruel phénomène, des associations alertent l’opinion nationale et internationale.

<<Nous voudrions interpeller les parents pour qu’ils surveillent plus les enfants et que l’éducation sexuelle soit leur priorité. Nous interpellons aussi le gouvernement et les partenaires techniques et financiers pour pouvoir créer un fonds de prise en charge pour les jeunes filles (…)>>, déclare avec émotion Foulematou Camara chargée des affaires intérieures du Club des jeunes filles leaders de Guinée.

Ces phrases mettent en lumière un énorme fléau dans la société guinéenne. Les violeurs de mineurs seraient très souvent des membres de la famille, restreinte ou élargie, de la victime, ou encore, une connaissance.

Une étude menée par la coalition des Femmes, Filles de Guinée pour le Dialogue, la consolidation de la Paix et le développement (COFFIG/DCPD), en collaboration avec le ministère de l’Action Sociale, de la promotion féminine et de l’Enfance, a montré 552 cas de viols enregistrés en 3 mois (septembre, octobre et novembre 2018).

<<Si rien n’est fait pour freiner ce phénomène, toutes les filles de Guinée seront violées d’ici peu. >>, alerte la Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la paix sur sa page officielle.

Poursuivre en justice l’agresseur reste tabou comme l’explique Saran Traoré, membre du Cercle des jeunes filles battantes à la Deutsche Welle : << Nous avons souvent des parents qui refusent de porter plainte parce qu’une fille violée n’aura pas de mari. Ou bien ils refusent de porter plainte pour la dignité de la famille. >>, a-t-elle dénoncé.

Rapidement remis en liberté malgré les crimes commis, “ils (les violeurs) finissent par prendre goût à cette pratique”, constatent les ONGs.

<<Quand on arrête un coupable, on doit appliquer la loi pour lui montrer que c’est un crime qu’il a commis .>>, insiste Fatma Kaba, une mère de famille.

Le viol, en Guinée, est passible de peines allant de 5 à 20 ans de réclusion criminelle, mais elles sont peu appliquées.

Amadou Diaby pour femmesafricaines.info

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