Comment Telecom Paris veut devenir une école plus inclusive

Comment Telecom Paris veut devenir une école plus inclusive

“Pourquoi y a-t-il autant d’hommes dans la tech?” C’est ainsi que Télécom Paris, l’école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique, l’informatique et les télécommunications, a intitulé le webinaire qu’elle organise mercredi soir avec l’association Social Builder pour promouvoir la diversité dans ces secteurs très masculins. “Cet événement s’inscrit dans une campagne lancée depuis octobre”, souligne Johanna Legru, la déléguée à la diversité recrutée il y a un peu plus d’un an par Nicolas Glady, qui dirige cette grande école, pour tenter de surmonter sa difficulté à recruter des jeunes femmes, que connaissent toutes les écoles d’ingénieurs.

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Alors que le secteur informatique n’est occupé qu’à 27% par des femmes – et même 16% si l’on observe les seules fonctions techniques – la pression monte pour que les écoles sortent de leur monolithisme, y compris de la part du ministère de l’Enseignement supérieur. Télécom Paris, qui accueille un millier d’étudiants – dont 700 en cycle ingénieurs et les autres en master et masters spécialisés – compte en général dans ses rangs de 18% à 20% de femmes, avec un “pic” à 24% cette année – chiffre qui inclut les étudiantes venues d’un autre pays. Un chiffre très insuffisant.

“Des clés pour le monde de demain”

 “La diversité est désormais au cœur de notre stratégie, au même titre que la transition écologique ou l’innovation et l’entrepreneuriat”, explique Johanna Legru. Un objectif de recrutement à 30% de femmes a été fixé pour 2030, “avec un point d’étape à 25% en 2025”, souligne cette responsable. Pourquoi ne pas se montrer plus ambitieux? “Parce que le vivier des classes préparatoires compte moins de 30% de jeunes femmes”, justifie Johanna Legru. Cette ancienne du groupe Accor, qui a ensuite dirigé L’envol, le programme d’égalité des chances de La Poste, sait qu’il “existe des points de blocage et beaucoup d’autocensure” et qu’il faut du temps pour changer la donne.

Derrière la question du recrutement se cache une autre problématique: la nécessité d’une prise de conscience par les étudiants et les étudiantes des enjeux d’une plus grande diversité. “C’est pourtant essentiel pour un(e) futur(e) ingénieur(e) ou un(e) futur(e) manager, souligne Johanna Legru. Ils ont d’ailleurs envie d’avoir des clés pour le monde de demain.” D’où la nécessité de travailler sur les stéréotypes, qui a débouché sur la campagne lancée en octobre 2020. Intitulée #TellTheTruth elle a été menée sur les réseaux sociaux, avec le relais d’organisations étudiantes comme le BDE ou l’association MAD-Make A Difference. Deuxième étage de la fusée, le webinaire de ce mercredi soir, organisé autour du directeur de Télécom Paris, de Johanna Legru, et d’Audrey Jammes, une conférencière de Social Builder, start-up sociale spécialiste de la mixité dans la tech.

Le troisième étage de la fusée sera largué en février, toujours sur les réseaux sociaux. Au programme, une série de témoignages d’étudiantes, de doctorantes, d’enseignantes-chercheuses et de deux alumni, une startuppeuse et une experte en cybersécurité. “Nous les utiliserons aussi en mars-avril pour la campagne de recrutement”, précise Johanna Legru. En espérant susciter des vocations chez des jeunes filles qui jusqu’alors s’interdisaient de se projeter dans ces métiers.    

 

 

 

 

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Djenabou Balde

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