Hubert Fabri, le patron de la multinationale luxembourgeoise Socfin, dont le groupe Bolloré est actionnaire, a été condamné vendredi pour corruption active par le tribunal correctionnel de Bruxelles.

Hubert Fabri et quatre dirigeants de filiales du groupe Socfin, ont été reconnus coupables de corruption active dans une affaire de versements de pots de vin en faveur d’une ancienne haut fonctionnaire guinéenne, devenue entre-temps ministre de l’Agriculture du pays ouest-africain. Ils ont écopé de 12 mois de prison et 6.000 euros d’amende, le tout avec sursis. La peine la plus lourde a été prononcée à l’encontre de Mariama Camara, la ministre guinéenne, condamnée à 20 mois de prison avec sursis, 12.000 euros d’amende et à la confiscation de 300.000 euros.

Le groupe Bolloré, dirigé par le milliardaire français est actionnaire à hauteur de 37,8% du groupe Socfin, multinationale luxembourgeoise spécialisée dans l’huile de palmes et le caoutchouc. Socfin emploie 45.000 personnes, en majorité dans ses plantations en Afrique et en Asie. L’homme d’affaires belge Hubert Fabri détient 50,2% du groupe qui contrôle en totalité ou partiellement 39 filiales dans le monde, donc cinq en Belgique.

Les faits de corruption jugés devant la juridiction belge remontent au début des années 2000 quand Mariama Camara était à la tête de la Soguipah, une entreprise publique active dans les secteurs de l’huile de palme et du caoutchouc, qu’elle a dirigée pendant plus de trente ans avant d’être nommée au gouvernement le 27 décembre dernier.

6% du prix de vente

Dans son jugement rendu vendredi, le tribunal constate qu’elle a « en sa qualité de fonctionnaire publique, sollicité auprès du groupe Socfin une rémunération ». Une demande auquel le groupe a donné suite en proposant «un schéma de paiement ».  L’arrangement prévoyait que Mariama Camara perçoive 6% du prix de vente du caoutchouc, versé sur ses comptes via une société écran dans les îles anglo-normandes. Selon les juges, Hubert Fabri, 66 ans, a « cautionné » ce schéma.

Le parquet, à l’origine des poursuites, avait évoqué la somme de 4,2 millions d’euros transférée sur des comptes en France et en Suisse.

La défense, qui avait plaidé l’incompétence territoriale de la juridiction ainsi que l’illégalité et la déloyauté de l’enquête lors des audiences début juin, n’a pas annoncé immédiatement si Hubert Fabri ou les autres condamnés faisaient appel du jugement.

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